* This is my first monolingual post, in French. Short story: I am pissed off by a Quebec government’s poster supposed to promote the use of French in businesses; but the language used is so wooden and obviously botched by a comity that is has the opposite effect on readers. Now, back to our usual fun programming.

Nous interrompons provisoirement notre beau programme pour rappeler que tout cela est d’abord un exercice de communications qui se fait dans une langue, ici, le français. Cette langue est un outil de travail hautement sophistiqué, plein de trésors et frissonnant de créations.
J’ai pris hier dans le métro de Montréal la photo ci-dessous d’une affiche qui massacre la langue qu’elle prétend promouvoir et qui, pire, écoeure tout le monde de lire quoi que ce soit en français. Ce texte qui ne veut rien dire est lourd comme du béton s’écroulant de l’échangeur Turcot. Et aussi douloureux à recevoir sur la tête.
C’est une suite de deux phrases tellement mal foutues qu’elles sont une insulte à la langue. Elles transmettent le message que la langue française est plate, lourde et incapable de réveiller qui que ce soit, c’est à dire une langue morte. Au moins 43 nuls ont été payés pour approuver ce message qui fait exactement le contraire de son intention.

Cette langue a tellement de génie qu’il serait facile de trouver mille exemples qui éveillent l’esprit, la curiosité, l’envie d’en créer davantage :
Vous êtes pas tannés de mourir, bande de caves?
Claude Péloquin
Je pense donc je suis.
René Descartes
Et voilà, madame, pourquoi ils puent.
Pierre Foglia
On lui doit aussi un tire-bouchon automatique à base de fulmicoton dont la vente fut interdite après l’incendie de la cantine de la Légation française à Bucarest, un procédé pour rendre le papier à la fois plus résistant et doux qui fut repris par plus tard par Wolfgang Amadeus Quincampois, un triporteur entièrement démontable dont l’administration des Postes commanda 4000 exemplaires, un système de fixe-chaussette, qui fit fureur jusqu’aux débuts du siècle et un traité en quatre volumes consacré à l’empierrage et l’entretien des chemins vicinaux, pour lequel il reçut le prix Cabrisseau.
Georges Perec
A lieu de ça, on se retrouve avec une affaire qui nous avantage tous dans l’ouverture.
Bande de caves.